Un nouveau classement étoilé pour l’hôtellerie française

 

Le Monde.fr avec AFP | 03.07.2012 à 16h06 • Mis à jour le 03.07.2012 à 16h06

Par Pauline Pellissier

 

Les anciennes plaques devront être décrochées le 23 juillet 2012.

 

Le 23 juillet, les devantures des hôtels français connaîtront une petite révolution : les traditionnelles plaques étoilées bleues vont disparaître au profit d’une nouvelle signalétique. Les établissements de une à quatre étoiles seront signalés par un panonceau rouge. Et, la catégorie des cinq étoiles aura sa couleur propre : or, (évidemment, est-on tenté d’ajouter).

Au-delà de la couleur, c’est l’ensemble des critères du classement hôtelier français qui a été revu. Une exigence imposée par la loi Novelli du 22 juillet 2009afin d’améliorer la qualité des établissements et des services proposés.

UNE CLASSIFICATION QUI DATAIT DE 1986

« Certaines normes avaient été fixées il y a plus de vingt-cinq ans, en 1986. Il était temps de les modifier en profondeur, afin de proposer à l’ensemble de nos visiteurs une offre d’hôtellerie nouvelle génération », explique Christian Mantei, le directeur général d’Atout France, l’agence chargée du développement touristique dans l’Hexagone.

La classification a été revisitée pour correspondre aux attentes nouvelles des clients. On y retrouve des exigences en matière de nouvelles technologies, de développement durable, de formation du personnel ou d’accessibilité aux personnes handicapées.

 

Les nouvelles étoiles au 23 juillet 2012.

 

Ce nouveau classement  compte 246 critères, contre 30 auparavant. Pour être distingués, les hôtels doivent respecter au minimum les exigences de la catégorie « une étoile », notamment un extérieur propre et en bon état (critère 3), un hall chauffé d’au moins 20m2 (critères 12 et 14), une chambre avec prise de courant (critère 70), une literie de qualité (critère 62), sans oublier un personnel « aimable à l’accueil et à la prise de congé » (critère 181) et à « la tenue et la présentation propres et soignées » (critère 11).

Pour espérer être classé, le directeur d’hôtel, camping, ou village vacances fait un premier diagnostic de son établissement, avant qu’un cabinet d’audit accrédité vienne vérifier ses dires, pour une facture de 500 à 1 000 euros en moyenne. Apartir de la quatrième étoile, la visite de l’hôtel par un client mystère est obligatoire.

MOINS DE LA MOITIÉ DES HÔTELS CLASSÉS

Début juillet, moins de la moitié des hébergements français se sont fait classer,d’après le site Internet d’Atout France. Au 2 juillet, 7 894 établissements seulement  ont obtenu leur distinction de 1, 2, 3, 4 ou 5 étoiles, sur les 17 500 établissements classés selon les anciennes normes. Mais tous les établissements les plus importants, notamment les grandes chaînes d’hôtels ont été référencés. Ce qui porte à « entre 60 et 70 % » la proportion de chambres classées, estime Georges Panayotis, président de MKG Group, un cabinet d’étude spécialisé dans l’hôtellerie.

Que deviendront les 50 % d’hôtels restants ? « Au 24 juillet, les établissements qui n’auront pas fait le choix d’entreprendre cette démarche poursuivront bien entendu leur activité, mais sans être classés. Ils devront enlever leurs étoiles, et ne pourront plus communiquer dessus », indique Christian Mantei d’Atout France.

RÉTICENCE DES « PETITS »

Certains observateurs, dont le Comité pour la modernisation de l’hôtellerie, sont très critiques sur le nouveau classement, qu’ils qualifient de « fiasco », étant donné le peu d’hôtels qui ont fait la démarche de se faire évaluer. « Il est évident qu’un grand nombre d’établissements de petites capacités, dispersés dans les campagnes françaises, s’interroge sur le bien fondé des investissements nécessaires quand leur exploitation est devenue très difficile », explique Georges Panayotis.

Roland Héguy de l’Umih se veut plus rassurant. Il vise plus de 50 % d’hôtels classées au 23 juillet, et « bien plus » à la fin 2012,. Mais il concède que « les petits établissements ruraux sont tentés de rester au bord de la route ».

Rejet de la procédure, coût trop élevé, peur de l’échec, les réticences sont multiples. Les étoiles ne paraissent plus aussi déterminantes à nombre de professionnels. En effet, les critères sont très techniques et ne prennent pas en compte la décoration, le cachet d’un lieu, l’accueil… A l’heure d’Internet, ces critères sont mieux pris en compte sur des sites comme Tripadvisor, hotels.com,Favorite Places, où les clients s’empressent de poster remarques, notes et photos de leur séjour.

Pauline Pellissier

 

Exemple de distinctions entre catégories 

 

Hôtel une étoile

Chambre pour deux personnes de plus de 10,5 m2
Ascenseur obligatoire à partir de quatre étages
Petit déjeuner continental servi en salle

 

Hôtel deux étoiles

Chambre pour deux personnes de plus de 10,75 m2
Mise à disposition de journaux dans les parties communes.
Personnel pratiquant une langue officielle européenne en plus du français

 

Hôtel trois étoiles

Chambre pour deux personnes de plus de 13,5 m2
Accès Internet dans les parties communes, téléphone dans les chambres
Existence d’un espace « salon » dans l’hôtel

 

Hôtel quatre étoiles

Chambre pour deux personnes d’au moins 16 m2 avec climatisation
Site Internet en deux langues
Mise à disposition de chariot de bagages ou d’un sèche-cheveux

 

Hôtel cinq étoiles

Chambre pour deux personnes d’au moins 24m2 avec climatisation
Ascenseur obligatoire à partir d’un étage
Accompagnement du client dans son installation
Mise à disposition d’un room-service, voiturier, coffre-fort, peignoir, mini-bar, d’un téléphone dans la salle de bain
Accès à des chaînes de télévision internationales et thématiques
Mise à disposition sur demande d’un ordinateur, fax ou imprimante

 

Palace

Un arrêté du ministère du tourisme du 8 novembre 2010 distingue parmi les 5 étoiles, ceux habilités à revendiquer le terme de « Palace ». Le label est décerné suivant la conformité d’un cahier des charges encore plus strict (immeuble de prestige, espace fitness, garderie, coiffeur…) et l’avis d’un jury composé de dix professionnels. Au 1er juillet 2012, la France comptait près de 200 palaces.

 

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