Les «food reporters» font leur loi!!!

GASTRO

 

Les «food reporters» font leur loi

Ils photographient leur assiette et postent le cliché avec commentaire sur le net: cette communauté de critiques culinaires amateurs énerve parfois les restaurateurs.

storybildLes photos commentées des plats sont un bon indice de satisfaction. (photo: AFP)
 Portable en main, ils photographient leur assiette et postent la photo avec un commentaire sur internet: les «food reporters» forment une communauté de critiques culinaires amateurs, pas toujours au goût des éditeurs gastronomiques, ni des restaurateurs.

Food reporter est un réseau social culinaire, accessible via une application pour smartphone et un site internet. «Je choisis systématiquement mon restaurant sur Food reporters. C’est devenu un réflexe», raconte Linh-Lan, qui poste une quarantaine de photos par mois sur ce réseau gourmand. Depuis son lancement en mars 2011, plus de 100 000 internautes ont immortalisé leur repas sur la toile. «On a commencé par lancer une page Facebook baptisée «J’aime prendre en photo ce que je mange». En moins de deux semaines, la page a été rejointe par plus d’un millier de personnes», se réjouit Cyril Benhamou, l’un des quatre fondateurs. Les utilisateurs se délectent de leurs plats faits maison ou dégustés au restaurant, décernant des «miams», l’équivalent des «j’aime» de Facebook. De plus, un système de géolocalisation permet de découvrir les bons gâteaux au chocolat ou les meilleurs sushis près de chez soi. «Plus de 1 000 photos sont postées par jour. Et aux heures de repas, il y en a une toutes les 2-3 secondes», ajoute Cyril Benhamou.

«Les remarques, je les accepte en direct, pas sur les blogs»

Face à cette nouvelle tendance, les éditeurs de guides gastronomiques sont tentés de réagir: «On est déstabilisés, mais c’est la photographie de la société d’aujourd’hui et sa façon de manger», estime la directrice de la rédaction Gault et Millau, Patricia Alexandre.

Quant aux chefs, ils apprécient diversement cette nouvelle clientèle. Philippe Etchebest, chef étoilé à Saint-Emilion, qui officie aussi sur M6, n’est pas un fou d’Internet. «Récemment, un client a photographié mes plats. C’est rigolo mais ensuite il a insisté lourdement pour s’incruster dans mes cuisines et là, ça m’a gonflé», raconte-t-il. «De plus, les photos sont souvent de mauvaise qualité. Les remarques, je les accepte en direct mais pas sur les blogs!»

Olivier Mille, chef du restaurant Fleur de Sel à la Garenne-Colombes (Hauts-de-Seine) s’amuse que ses plats soient vus à l’autre bout du monde mais déplore les critiques incendiaires. «Quand on cuisine, on met beaucoup d’amour pour satisfaire les clients. Alors, si on s’amuse à massacrer mon travail sur internet, ça me dérange!» lance-t-il.

(L’essentiel Online/AFP)

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