Recrutement: les réseaux sociaux au secours des petites entreprises

Viadeo, LinkedIn, Twitter… Les réseaux sociaux professionnels sont devenus une solution sérieuse pour embaucher des cadres. Ils permettent aux petites entreprises de recruter plus vite et à moindre coût.

Daniel Rovira pour LEntreprise.com, publié le 11/10/2012 à 16:5

Recruter sur les réseaux sociaux
Recruter sur les réseaux sociaux

Gilles Rapaport

Il n’y a pas qu’en période d’élections que Twitter fait un carton. Emmanuel de Saint-Bon, dirigeant de l’agence The Roxane Company, le confirme : « J’ai posté une offre d’emploi sur Twitter et par la magie des retweets elle a finalement circulé auprès de 20 000 personnes… En quelques jours, j’ai trouvé un directeur artistique. »

Les réseaux sociaux seraient-ils le nouveau Graal des recruteurs ? Prudence. Cette anecdote concerne une agence de social média forcément très présente sur les réseaux sociaux. Or, pour l’instant, 36 % des cadres n’utilisent encore aucun réseau social et seuls 18 % s’en servent pour rechercher un emploi (selon une étude du cabinet Michael Page publiée en 2012).

Une alternative aux job-boards

S’ils n’ont pas encore détrôné les outils traditionnels de recrutement, les réseaux sociaux sont néanmoins devenus une alternative crédible. Créés à l’origine pour gérer et développer les contacts professionnels des cadres et des dirigeants, Viadeo et LinkedIn comptent aujourd’hui respectivement 5,5 millions et plus de 3 millions de membres en France. Leur fonctionnement et leur contenu très professionnels ont naturellement poussé leurs membres à s’en servir pour recruter. Toutefois, être inscrit ne suffit pas pour attirer des candidats à soi comme par magie. Il faut s’investir un minimum dans le process. « Il faut faire vivre son profil et étendre son réseau au-delà de ses amis et de ses contacts naturels en travaillant sur les liens dits faibles », conseille Vincent Rostaing, spécialiste des RH sur les médias sociaux. Le dirigeant de PME peut alors entrer directement en contact avec un candidat potentiel et lui « vendre » le poste et son entreprise.

Patrick Jeanmaire, dirigeant d’Eléa Systems, société de conseil et de services informatiques (12 salariés), a ainsi recruté quatre collaborateurs sur Viadeo en l’espace de deux ans. « Au départ, j’échangeais sur des sujets technos, mais au fil du temps des candidatures s’exprimaient de façon plus ou moins explicite. Les TPE peinent à recruter par manque de visibilité mais, sur les réseaux, le fait d’échanger avec le patron est un vrai plus qui fait que les candidats vont plus facilement vers une petite structure. »

Si ce recrutement est gratuit, les Viadeo et autres LinkedIn ont vite compris que le recrutement allait être un pilier de leur croissance. Ils proposent désormais des outils spécifiques – payants ceux-là – qui représentent aujourd’hui plus du tiers de leur chiffre d’affaires.

Séduire les perles rares, mode d’emploi

Cette offre vise en priorité les grandes entreprises et les cabinets de recrutement, mais les PME peuvent également y trouver leur compte. Chez Valtech (nouvelles technologies internet), Camille Bédard, responsable du pôle RH, a franchi le pas. « Dans notre secteur, les bons profils sont très sollicités, ils sont rarement sur les jobboards et ne répondent pas aux annonces. Depuis deux ans, nous passons par Viadeo ou LinkedIn pour les toucher. Mais la recherche limitée à son propre réseau ne suffit pas et nous avons pris des abonnements recruteurs couplés à une page entreprise sur LinkedIn pour identifier et contacter les profils qui nous intéressent grâce à des recherches par mots clés. »

Pour séduire ces perles rares, l’employeur doit concocter un message attractif sans être trop intrusif. « Quand un contact nous dit non, nous veillons à ne pas le recontacter avant six mois », explique Camille Bédard. Pour Valtech, le pari est gagné puisque 30 % de ses recrutements sont réalisés grâce à LinkedIn ou à Viadeo, ce qui rentabilise les quelques milliers d’euros investis dans leurs outils recruteurs.

Recruter en 140 signes…

Dernière tendance, le recrutement en moins de 140 signes sur Twitter. « En fait, il s’agit avant tout de booster la visibilité de l’annonce, tempère Emmanuel de Saint-Bon. Evidemment, il n’est pas question de décrire un poste en 140 signes ou d’entamer un entretien ! Je me contente de tweeter un lien vers notre site internet, où le candidat verra notre annonce. Twitter agit comme un porte-voix pour les annonces. »

Quant à Facebook, la majorité des recruteurs considèrent qu’il s’agit d’abord d’un réseau personnel, et ils n’ont pas envie de mêler vie privée et recrutement. Mais cela n’interdit par d’ouvrir une page spécifique entreprise, comme l’a fait l’armée de terre. Créée il y a moins d’un an, la page Facebook de la « grande muette » compte déjà plus de 150 000 fans et draine 5 % des candidatures.

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