Madame Patricia Legros; Le chef d’orchestre du Casino Barrières de Lille. Une jolie rencontre entourée de son équipe de restauration et RH

Patricia Legros est ce que l’on appelle une autodidacte. Après une expérience dans les transports et dans la distribution, elle arrive chez Barrière en 1997. Depuis, elle monte les échelons chez le casinotier. Elle est aujourd’hui directrice générale du complexe Barrière de Lille.

Elle ne quitte plus son casino, «son bébé» comme elle l’appelle. Patricia Legros, au milieu du casino provisoire Barrière de Lille, son cadre de travail depuis juin2007, raconte que rien ne la destinait à être la directrice d’un complexe hôtel-casino Barrière aussi important que celui de Lille.

Autodidacte dans l’âme
«J’ai toujours aimé apprendre des choses», voilà comment Patricia Legros dirige ses choix de carrière. Belge et Bretonne d’origine, elle veut très vite se faire une expérience sur le terrain. En 1986, juste après son bac, la directrice du casino quitte Paris pour la Normandie. «Pendant trois ans, je travaille en tant que comptable dans une entreprise de transport routier. Après ma journée de travail, je prenais des cours du soir afin de me former», précise Patricia Legros. En 1990, toujours en Normandie, sa carrière prend la direction de la distribution avec l’enseigne de magasins Le Bon Marché. «Pendant trois ans, je me suis occupé des services financiers, détaille-t-elle. Au bout de cette période, j’ai dévié de service en m’occupant des ressources humaines. Une fois le rachat de Bon Marché effectué, les deux services RH et financiers ont fusionné. J’ai ainsi été responsable des deux.»

L’univers des jeux
Au début de l’année 1997, Patricia Legros ne connaissait encore rien de l’univers des casinos. Mais en répondant à une annonce publiée par Lucien Barrière, elle franchit le pas et entre dans le monde du jeu. Au départ à peine âgée de 30 ans, la directrice lilloise est nommée responsable administratif du casino de Ouistreham en Normandie (130 personnes). Sa carrière chez Barrière est lancée. En 1999, elle parfait son apprentissage chez le casinotier en prenant la direction administrative en charge des finances et des RH au casino de Trouville, toujours en Normandie.

La première direction générale
«Après 3ans à ce poste, j’avais vraiment envie, cette fois-ci, de me lancer dans l’aventure de l’opérationnel et de prendre la direction d’un casino», explique-t-elle toujours le sourire aux lèvres. Et, les dirigeants du groupe lui ont fait confiance. De 2002 à 2005, elle prend les rênes du casino de la Baule. Depuis cette prise de fonction tout s’enchaîne dans le bons sens pour elle. Après la fusion du groupe Lucien Barrière et Accor casinos, elle reprend la direction générale de la structure de Bordeaux. Début 2007, Bruno Cagnon, directeur général des opérations internationales, dont Lille faisait partie à l’époque, la contacte afin de lui proposer de prendre la direction du grand projet Barrière de la ville de Lille.

Aventure à ne pas rater
«C’est une proposition qui ne passe qu’une seule fois dans la vie de l’entreprise. La décision doit se prendre très vite. Je ne pouvais pas me permettre de rater le coche», s’enthousiasme-t-elle. Et Patricia Legros de renchérir: «Nous étions trois au départ et nous allons être près de 320personnes dans le nouveau complexe. Nous avons travaillé dur et nous avons hâte de nous confronter au public. Même si la pression est là, je sais pourquoi je me lève tous les matins et cela me suffit pour trouver la motivation.»

Une position assumée
Malgré le spectre de l’ambition qu’a Barrière pour le casino lillois (être le 2e casino de France derrière celui d’Enghien NDLR), la directrice n’a surtout pas envie de laisser sa place à quelqu’un d’autre. La pression, elle l’assume avec le sourire et compte bien rester, au moins jusqu’en 2015, à la tête de ce complexe, situé au coeur du quartier d’affaires, Euralille. «Je suis arrivée à un moment de ma vie où je veux poser mes bagages. Je souhaite voir évoluer le projet et bien entendu l’accompagner au moins jusqu’à ce qu’il arrive à maturité», conclut Patricia Legros.

«Relation affective avec ce projet»

Comment gérez-vous la pression d’une telle structure?
La pression est là mais heureusement elle n’est pas omniprésente. Je fais en sorte que tout se passe bien, d’intégrer au mieux les nouveaux employés et d’avoir autour de moi des gens opérationnels et compétents. Une fois le complexe fini, j’en serai la directrice mais je vais avoir deux directeurs opérationnels pour le casino et pour l’hôtel. Je crois que nous avons surtout tous envie d’y être et de pouvoir nous frotter à ce nouveau défi.
Est-il difficile d’exister en tant que femme au sein de l’univers des jeux?
Il est vrai que nous ne sommes pas majoritairement des femmes à la tête des casinos. En 2005, j’étais même la seule. Cependant nous sommes aujourd’hui 4sur une quarantaine de structures. Mais, ce n’est clairement pas un monde de machos. Le groupe Lucien Barrière est très au fait de la diversité homme-femme dans l’entreprise. Pour nous, c’est même un non sujet car les évolutions se font par les compétences et les investissements de chacun.
Votre concurrent Partouche l’a eu un peu dur, lorsque vous avez remporté l’appel d’offres. Quelles sont vos relations avec le Pasino de Saint-Amand?
On ne peut pas cacher le fait que nos deux groupes sont concurrents et que nous avons, tous les deux, oeuvré afin d’obtenir l’exploitation d’un tel projet. Cependant cette concurrence est saine. Nous sommes dans des métiers où nous devons communiquer entre directeurs de casino. Cela ne sert donc à rien de se faire la guerre. Nous avons donc des relations cordiales et professionnelles.
Vous avez beaucoup bougé lors de votre carrière. Comptez-vous poser vos bagages un peu plus longtemps à Lille?
J’ai effectivement été amenée à beaucoup changer de villes et de régions. Là, j’ai envie de poser mes bagages. Je suis prête à signer pour dix ans ici. C’est mon bébé ce casino. On le porte sur nos épaules depuis déjà plus de deux ans. J’ai réellement une relation affective avec ce projet.
Qu’est-ce qui vous attire dans une telle direction générale?
Diriger un tel projet, c’est toucher à beaucoup de domaines. Du jeu à la restauration en passant par l’hôtellerie et les relations institutionnelles, vous côtoyez différents publics et diverses problématiques. C’est cette diversité qui rend attractive une telle direction. Gérer un complexe comme celui-là, c’est aussi un véritable défi qui n’arrive pas tous les trois ans dans l’entreprise.
N’avez-vous pas eu d’appréhension de passer de la Gironde au Nord- Pas-de-Calais?
En fait, pour être franche, j’ai eu plus de mal à partir de La Baule pour aller à Bordeaux que pour faire le trajet vers Lille. J’ai été élevée dans une culture nordiste pleine de chaleur, de simplicité et d’esprit de famille. Cette région est en adéquation avec mes valeurs et j’ai envie de participer, à ma manière et via le casino, à la mutation au dynamisme de la ville de Lille.

Propos recueillis par T.B.

Complexe Barrière. Le casino pour ce mois-ci et l’hôtel inauguré normalement en mars

Le projet du casino lillois aura décidément fait couler beaucoup d’encre. On l’attendait, il arrive ce mois-ci.
Depuis juin2007, Patricia Legros est sur le front pour faire marcher le casino Barrière à Lille. Ce dernier est provisoirement installé dans un bâtiment situé en face de l’endroit où sera le futur complexe hôtel-casino. Après des débuts poussifs pour notamment un manque de visibilité, l’enseigne prend ses marques. Elle employait encore 150personnes en décembre dernier et attirait 900personnes par jour. Mais du périphérique, les gens voient pousser ce complexe. Ils l’attendent et la première partie, le casino, est enfin inaugurée ce mois-ci, après plus de deux ans de travaux.

2e casino de France
L’ambition du casino, qui ouvre ses portes ce mois-ci, est aussi de taille. «Nous allons avoir dans le nouveau casino, 20 tables de jeux et 300 machines à l’ouverture et en ouvrir 100 de plus d’ici à la fin de l’année 2010. Nous pourrons accueillir à terme 500machines à sous, précise la directrice du complexe. Notre ambition est de faire du casino Barrière de Lille, le deuxième casino de France derrière celui d’Enghien.» D’ici à 2015, le groupe Barrière ambitionne d’atteindre un produit brut des jeux de 80M€, avant prélèvement de 59% de l’État et de la ville. «Le nouveau casino devrait générer un visitorat de 2.000personnes par jour», conclut Patricia Legros.

Thomas Baume

Parcours

1967
Elle née en région parisienne et y restera jusqu’à son baccalauréat.
1986
Elle quitte Paris pour la Normandie et commence son expérience professionnelle en étant comptable dans une entreprise de transport routier.
De 1990 à 1997
Après les transports, elle se dirige vers la distribution avec l’enseigne Le Bon Marché. Elle gère tour à tour le service financier et RH pour finalement superviser les deux après le rachat de l’entreprise.
De 1997 à 2007
Elle entre dans l’univers des jeux en travaillant pour le casinotier Lucien Barrière. Le groupe lui a fait confiance. Après avoir touché à la finance et aux RH, elle passe à la direction d’un casino avec La Baule et Bordeaux.
Depuis juin2007
Elle arrive à Lille pour s’occuper du développement du complexe hôtel-casino du groupe.

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